Aymé Stanislas DARBLAY Député au Corps Légilastif

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Aymé Stanislas DARBLAY né le 26 novembre 1794 à Auvers-Saint-Georges est mort le 12 novembre 1878 à Saint-Germain-lès-Corbeil dans l' Essonne, à l'âge de 83 ans. Il fut Maitre de Poste, Négociant en Grains et Farines, Député au Corps Légilastif, Commandant de la Légion d'Honneur.

Vieille famille beauceronne et célèbre dynastie d’industriels essonniens, les Darblay figurent assurément parmi les plus grands propriétaires fonciers de l’actuelle département de l’Essonne – anciennement Seine-et-Oise – aux XIXe et XXe siècles, tant par leur activité meunière puis papetière, que par leur goût de la propriété foncière, symboles de réussite et de pouvoir de la bourgeoisie triomphante du XIXe siècle. L’aventure des Darblay en Essonne commence lorsqu’Auguste-Rodolphe, né à Etampes en 1784, dit « Darblay l’aîné », et son frère cadet Aimé-Stanislas, dit « Darblay jeune» (fig. 1-2), né à Auvers-Saint-Georges (Essonne) en novembre 1794, s’installèrent au moulin d’Ormoy dans les années 1820. Ce fut là, le berceau d’une prodigieuse réussite fondée sur le perfectionnement technique, le rendement dans la production, la qualité du produit et le service rendu au client. Fils de Simon-Rodolphe Darblay, maitre de poste à Etréchy, aubergiste et meunier aux moulins de Vaux et de Chagrenon, les deux frères prirent la succession de leur père à la fin de l’Empire. Leurs convictions bonapartistes – ils servirent comme officiers de la Garde nationale pendant les Cent-Jours – leur valurent la confiscation de leur charge de maître de poste en 1816. Ils se reconvertirent alors dans la meunerie par le biais du beau-père d’Auguste-Rodolphe, meunier à Etampes. Leur sens des affaires les amenèrent à louer, après leur installation à Ormoy, plusieurs moulins sur la Juine et l’Essonne.

Le mariage en 1822 d’Aimé-Stanislas avec Pauline Mainfroy, fille d’un des principaux meuniers d’Etampes, consolida leur installation dans la minoterie. En 1827, Darblay l’aîné devint l’unique fournisseur de l’administration des Subsistances Militaires, laquelle entendait mettre un terme au système des fournisseurs multiples à prix débattus. Par ce contrat, Auguste-Rodolphe confirmait les talents d’habiles négociateurs des Darblay, talents qui leur vaudront une ascension fulgurante : en octobre 1830, les frères Darblay obtinrent ainsi l’exploitation des grands moulins de Corbeil dépendant de l’Hôpital général de Paris. Dix ans plus tard, ils étaient en mesure d’acquérir le moulin et le magasin de la Réserve à Corbeil. Le centre productif du négoce familial s’établit alors en bordure de Seine. En 1840, le nom Darblay acquit un tel prestige dans la meunerie que le « D » de leur initiale servit à l’établissement d’un véritable cours de la farine sur les marchés de Corbeil et sa région. En 1841, les deux frères associèrent à leur société le gendre et le fils d’Aimé-Stanislas, Alphonse Béranger et Paul Darblay, que l’on retrouvera en 1868 dans l’activité papetière. 6 Leur activité meunière prospéra tant, qu’ils se rendirent acquéreurs des moulins d’Angoulême à Essonnes et de Saint-Maur en 1855, puis de la Boucherie à Corbeil en 1858. Ils poursuivirent leur implantation en France, à Etampes, Rouen et Bray-sur-Seine (SeineMaritime). Puis vint l’étranger : ils installèrent des correspondants à Salonique (Turquie), à Alexandrie et Le Caire (Egypte), et jusqu’aux Etats-Unis afin de réguler le marché et stabiliser à un prix convenable le prix du pain. Le rachat des moulins de Corbeil en 1863, pour 5 millions de francs, marqua leur consécration dans le métier.

Leur nom reste par ailleurs attaché à la loi de 1861 qui consacre le principe de liberté du commerce des grains. Parallèlement à l’extension de leur activité, les frères Darblay se lancèrent dans l’amélioration des techniques de production : à Ormoy, Aimé-Stanislas perfectionna le mécanisme d’entrainement des meules. A Corbeil, ils adoptèrent des turbines hydrauliques et des machines à vapeur pour fournir l’énergie nécessaire à leurs moulins, accroissant ainsi leur capacité de production. Les moulins de Corbeil devinrent ainsi les premiers de France au milieu du XIXe siècle. Ils perfectionnèrent également la fabrication des farines dont la qualité fut récompensée à l’Exposition Universelle de Londres en 1855. Tandis qu’AugusteRodolphe était en charge des affaires de la famille, Aimé-Stanislas poursuivait, lui, les innovations. Il se lança ainsi à Corbeil dans la production d’huile extraite des graines de plantes oléagineuses, dont il implanta la culture en Brie. Tous ces succès permirent d’asseoir chaque fois davantage leur position dans cette partie de la Seine-et-Oise, dite « arrondissement de Corbeil ». Pour mieux consolider leur position, Auguste-Rodolphe entama une carrière politique sous la Monarchie de Juillet : le 31 octobre 1840, il fut élu député conservateur du département. Il sera réélu régulièrement (1842 et 1846) jusqu’à son abandon de la vie politique et des affaires en 1849. Il décida, en effet, de prendre sa retraite et d’abandonner la gestion de la maison à son cadet.

Fort de l’expérience et des relations de son aîné, Aimé-Stanislas put ainsi poursuivre l’aventure familiale en Essonne. Ce passage de témoin traduisait la nécessité d’un homme neuf – Auguste-Rodolphe avait alors 65 ans et Aimé-Stanislas, 55 ans –, répondant aux défis économiques et industriels du milieu du siècle et du Second Empire en gestation. Aimé-Stanislas correspondait en effet parfaitement aux attentes du nouveau régime : un bonapartiste convaincu, emprunt d’un dynamisme et d’un sens des affaires certains, solidement implanter économiquement dans sa région et dont la fortune était fort considérable. Il accéda ainsi à son tour à la députation en 1852 : quand la consécration politique succède à la réussite industrielle ! Sa profession de foi en faveur de l’agriculture, et donc du monde paysan local, ainsi que sa politique paternaliste auprès des ouvriers, lui 7 valurent d’être à son tour régulièrement réélu pendant tout le Second Empire (1857, 1863 et 1869). Le 27 juillet 1870, il fut promu sénateur par Napoléon III, poste qu’il ne pourra occuper en raison des évènements de septembre. La chute du régime mit définitivement un terme à sa carrière politique. Comme tout notable de son temps, Aimé-Stanislas étendit son influence dans les milieux décisionnels en accédant à des postes importants au sein d’institutions significatives : il fut ainsi conseiller d’escompte de la Banque de la France de 1849 à 1854 ; censeur du Crédit foncier et du Crédit agricole ; membre de la Chambre de commerce de Paris ; président du Comice agricole de Seine-et-Oise ; président du conseil d’arrondissement de Corbeil … Il fut en outre rapporteur de jury à l’Exposition Universelle de 1855 et fit partie en 1853 de la société pour la concession de la ligne de chemin de fer Paris-Nevers, dite « du Bourbonnais », via Corbeil et Montargis. Sa plus haute distinction demeura celle de commandeur de la Légion d’honneur, octroyée par Napoléon III. Sa réussite industrielle, Aimé-Stanislas décida de la prolonger en relevant l’activité papetière sinistrée de la vallée de l’Essonne. Bien qu’il ait contribué à l’amélioration des récoltes dans la région de Corbeil par l’introduction de nouvelles semences de blé blanc et perfectionné notablement la minoterie française, il voulut diversifier ses activités. Il se lança ainsi, en juin 1867, dans le rachat de la « Papeterie d’Essonnes S.A.», située dans l’ancien fief de Vaux-sur-Essonne, dont il était actionnaire depuis 1855, pour 1 million de francs au lieu des 7 millions de l’estimation. Le nom Darblay entrait cette fois dans l’histoire du papier.

Ancienne fabrique des frères Didot au XVIIIe siècle, elle eut pour directeur associé, le célèbre auteur Bernardin de Saint-Pierre. C’est dans cette même fabrique que le comptable LouisNicolas Robert conçut en 1799 une machine capable de produire le papier en bande continue et non plus feuille par feuille. Procédé qui sera finalement développé en Angleterre sous le nom de « Fondriner ». En novembre 1868, Aimé-Stanislas forma avec son fils Paul (fig. 4), né en avril 1825, et son gendre Alphonse Béranger, une société en nom collectif, au capital de 6 millions de francs, dénommée « Société Darblay », devenue ensuite « Darblay père et fils » après la mort de Béranger, et dont le siège fut établi aux 1-3, rue du Louvre à Paris. Ce n’est qu’en décembre 1906 qu’elle prendra le nom de « Société Anonyme des Papeteries Darblay ». La société visait dans un premier temps une activité triple : la production de papier, de grains et de farines. Le lien entre l’agriculture céréalière et le papier était pour AiméStanislas évident : produire de la pâte à papier à partir de paille, ce qu’il fit en 1869. La Société Darblay poursuivit cette triple activité jusqu’en 1881, date de la cession des moulins 8 de Corbeil. Elle ne se livra plus désormais qu’à l’activité exclusive du papier. L’ancienne « Papeterie d’Essonnes », entièrement réorganisée sous Aimé-Stanislas, connut alors un essor fulgurant après la mort de celui-ci en 1878, sous l’impulsion de Paul, assisté de son fils AiméHenri. Après avoir révolutionné la production de la farine en France, les Darblay allait révolutionner celle du papier et faire de leur papeterie, l’une des plus importantes du monde. L’essor de la production nécessitant toujours plus de chiffons, il fallut développer de nouvelles pâtes à papier. Outre la fabrique de pâte de paille à Essonnes, les Darblay développèrent une fabrique de pâte mécanique approvisionnée depuis la Scandinavie et l’Allemagne (Forêt Noire) à Bellegarde-sur-Valserine (Ain), aux portes du Rhône, et une fabrique de cellulose chimique - la première de France – établie à Wörgl en Autriche. Entre 1870 et 1900, l’activité s’étendit tout le long de l’Essonne, depuis Echarcon aux Tarterêts à Corbeil, en passant par Moulin-Galant où se fabriquait le carton, spécialement le carton-cuir, et Essonnes. Dix-sept machines tournèrent ainsi dans l’usine principale d’Essonnes et ses annexes au lieu des neuf des débuts.

Elles monteront à vingt-et-un au début du XXe siècle, dont deux à Moulin-Galant, sur la commune de Villabé, et deux à Echarcon. Summum de la technologie du moment, l’une d’entre elles – la dix-neuvième – fut présentée à l’Exposition Universelle de 1889. Les effectifs de l’usine atteignaient alors 2500 ouvriers, produisant 120 mille kilos de papier par jour. Elle s’étendait sur près de 200 hectares dont 7 pour les bâtiments. Afin de faciliter l’acheminement des produits de fabrication et les livraisons du papier entre l’usine et le port fluvial des Bas-Vignons, un tunnel ferroviaire de 750 mètres fut creusé sous la colline séparant les vallées de l’Essonne et de la Seine. Parallèlement, une station de pompage fut établie sur la Seine pour fournir l’eau nécessaire à la fabrication du papier, séparée du fleuve par une digue de sable naturel. Un embranchement ferroviaire à la gare de Moulin-Galant fut aussi établi pour assurer les livraisons en 24 heures, l’usine disposant d’un bureau télégraphique pour les commandes. Les unités d’Essonnes, Villabé et Echarcon étaient aussi reliées par voie ferrée. Au début du XXe siècle, ce n’était plus seulement du papier journal et du carton qui étaient produits, mais aussi du papier tenture et d’emballage, du papier impression-écriture et bien d’autres... Le développement foncier des Darblay dans les dites vallées étaient, on le voit, d’abord et avant tout lié au développement économique de leur société. Les préoccupations purement foncières, dans la lignée de l’ancienne élite aristocratique, et suivant l’exemple des autres grands propriétaires terriens de la région, se développèrent parallèlement à Echarcon, 9 en amont de l’Essonne, à partir de 1884, mais surtout sur la rive droite de la Seine (SaintGermain-lès-Corbeil ; Etiolles ; Saint-Pierre-du-Perray). A la mort de Paul Darblay à Dinard, le 29 août 1908, la présidence de la société échut à son petit-fils Robert, Aimé-Henri étant décédé prématurément en mai 1899 à 45 ans. Rodolphe  frère de Robert, viendra l’y rejoindre en 1913. La dynastie Darblay demeurera à Corbeil jusqu’en 2000, date du décès de Stanislas, fils de Robert, entré dans la société en 1938.

Les Papeteries Darblay connurent un nouvel essor lorsqu’en 1932, elles entrèrent à 70% dans le capital de la « Société Nouvelle de Papeterie » située à Grand-Couronne, formant à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’une des plus belles unités papetière d’Europe. Les deux sociétés fusionneront en 1959. Au lendemain de la guerre, l’aventure papetière des Darblay s’enrichit d’une nouvelle forme de papier révolutionnaire : le papier à usage domestique. En 1946, ils créèrent avec les Papeteries de Montévrain (Seine-et-Marne), la fameuse société Sopalin, rejoint en 1959 par la firme américaine Kimberly Clark. Jusqu’en 1967, la société Sopalin sera établie dans l’enceinte de l’usine de Corbeil-Essonnes avant de s’installer à Sotteville-les-Rouen (Seine-Maritime). En 1968, les Darblay se rapprochèrent du grand éditeur de bandes dessinées Jean Chapelle pour former le groupe Chapelle-Darblay. Les années 1970 marquèrent paradoxalement celles du déclin de la papeterie : frappée par les deux crises économiques de 1973 et 1979, les Darblay ne furent plus en mesure de se livrer à des investissements aussi conséquents que par le passé. Un long conflit social leur fut fatal : la société déposa le bilan en 1980. Elle fut alors divisée en deux entités : les « Papeteries de l’Essonne » et la « Compagnie Industrielle du Papier ». Principale unité de production de papiers d’impression d’Ile-de-France, l’usine de Corbeil ferma définitivement ses portes en 1997, après la faillite de la dernière des deux sociétés, la « Compagnie Industrielle du Papier ». Ainsi prirent fin, plusieurs siècles d’activité papetière en Essonne (un moulin à papier est mentionné à Essonnes dès 1340). En 2005, la mairie de Corbeil-Essonnes racheta le site et entama la démolition des bâtiments les plus anciens, poursuivie en avril 2009 (magasins et centrale électrique). Les bâtiments des Papeteries Darblay sont toujours en attente d’un classement hypothétique au titre du patrimoine industriel majeur de l’Essonne.

Si Corbeil-Essonnes, sur la rive gauche de la Seine, en aval, et la vallée de l’Essonne, en amont, constitue pour l’essentiel le fief industriel des Darblay, ils développèrent en 10 revanche sur la rive droite de la vallée de la Seine, un véritable fief agricole composé de terres, arables ou non, vignes, prés et fermes. L’aventure des Darblay de ce côté-ci commence lorsqu’en 1849, Aimé-Stanislas acquit le château de Saint-Germain-lès-Corbeil et plusieurs terres environnantes, début d’une longue série d’acquisitions et d’échanges. Devenu maire de la ville en mai 1854, il n’aura de cesse, jusqu’à sa mort en 1878, de combler la commune de ses bienfaits, suivant l’esprit paternaliste déployé dans l’usine de Corbeil (alimentation en eau courante des fontaines publiques depuis la Seine (fig. 68) ; restauration complète de l’église ; réfection des rues et ouverture de nouveaux chemins, etc…). Son fils Paul devint, quant à lui, quatre ans plus tard, en novembre 1858, celui de Corbeil jusqu’en 1878, date à laquelle il prit sa succession à la mairie de Saint-Germain. Les Darblay eurent ainsi la totale maîtrise de l’embouchure de l’Essonne pendant plus d’une vingtaine d’années. Ingénieur de l’Ecole centrale des arts et manufactures et licencié en droit en 1847, cogérant de la société de son père, officier de la Légion d’honneur en 1894, Paul poursuivit ardemment la politique d’acquisitions foncières de son père. Dans l’acte de partage de ses biens d’avril 1909, il est rappelé que : « Pour Echarcon, comme pour Saint-Germain, M. Paul Darblay s’est appliqué pendant toute sa vie, à agrandir et à compléter la propriété par des acquisitions et des échanges nombreux. Il attachait même tant d’importance à la constitution de ces domaines que très souvent, ses achats ont été faits à des prix visiblement supérieurs aux prix normaux et réels ». Le site d’Echarcon où se trouvait à la fois la papeterie, le château et la ferme, constitua dans la vallée de l’Essonne, le véritable pendant du domaine de Saint-Germain dans la vallée de la Seine.

Tandis qu’il étendait là toujours plus loin ses possessions vers Etiolles, Tigery et Saint-Pierre-du-Perray, Paul prolongea le domaine d’Echarcon sur les communes avoisinantes de Vert-le-Petit (avec les marais de Misery), Vert-le-Grand, Fontenay-leVicomte, Mennecy et Lisses. Sous l’impulsion de son fils Aimé-Henri (1854-1899), féru d’art et d’histoire – il fut le cofondateur de la Société historique et archéologique de Corbeil, Etampes et du Hurepoix et on lui doit une généalogie complète de la famille depuis 1615, conservée aux Archives départementales (pl° 10) –, Paul se rendit acquéreur en 1890 du domaine de Villeroy à Mennecy. Il demeurera dans la famille jusqu’en 1970, date à laquelle il fut céder à la commune par son petit-fils Rodolphe. Les Darblay contribuèrent ainsi au sauvetage d’un des plus illustres domaines essonniens. Domaine sur l’histoire duquel se pencha Aimé-Henri au travers de son fameux ouvrage publié en 1901, soit après sa mort, et dont on conserve toute la 11 documentation (cotes 78 J 242 à 245). Il contribua également à la remise à jour des fondations du château, détruit au début du siècle. Ses activités historique et patrimoniale à MennecyVilleroy lui vaudront une avenue sur la commune. A Mennecy, voisinaient les activités agricoles et industrielles des Darblay : le moulin d’Ormoy voisin marquait en effet le début des possessions industrielles de la famille jusqu’à la Seine (le terrain de l’usine de CorbeilEssonnes atteignit 65 hectares au XXe siècle).

On trouvera dans les documents ici recensés, l’urbanisation de la vallée de l’Essonne par les Darblay jusqu’à la Seine par les lotissements du magnifique parc de Chantemerle à Essonnes et de la plaine Saint-Jean à Corbeil. Non moins instructifs, sont les échanges de terrains en bordure de Seine avec les grands propriétaires du moment, dont et surtout les Galignani, afin de former un ensemble agricole cohérent. On observera également l’importante restauration de la ferme d’Echarcon, presqu’entièrement reconstruite en 1903- 1905, et les travaux de réaménagement du château d’Echarcon et du domaine de Villeroy. Si les acquisitions furent poursuivies de manière assez soutenues jusqu’à la guerre de 1914-1918, elles déclinèrent progressivement pendant l’entre-deux-guerres pour cesser définitivement en 1937, soit au lendemain de l’arrivée du Front Populaire, comme l’attestent les registres. La famille Darblay parviendra à maintenir son statut de grand propriétaire jusqu’au choc pétrolier de 1973 qui marque assurément le déclin de la famille, comme on l’a vu. Elle abandonnera définitivement son fief de Saint-Germain-lès-Corbeil lors de la vente du château en 2006. Château qui conservaient les archives du présent fonds.

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