Maladie avec Opération Chirurgicales 1797

Opérations Chirurgicales en 1797

Carte de sureté de l'Etat 1794 et maladie avec opération 1797 : 1ère Partie

Jean LAZARDEUX fils de Jean LAZARDEUX et de Lazare CHEVRY. Né le 21 décembre 1768 à Faix Hameau de Sauvigny-le-Bois dans l’Yonne, baptisé le 22 décembre 1768 à Faix Hameau de Sauvigny-le-Bois dans l’Yonne. Son parrain CHEVRY Jean son cousin germain fils mineur de Simon CHEVRY (Laboureur). Sa marraine Antoinette fille de Charles SATOIS (Manouvrier). Profession de Menuisier. Arrivé à Paris en 1785, habite Rue Martin 216 et précédemment Rue du Bar du Becq. Il disposait de la Carte de Sureté à Paris ( 75 ) pour Circuler.
Les Cartes de sureté, instaurée sous la terreur, était avant l'heure des cartes d'identité permettant aux habitants de Paris (homme de plus de 15 ans) de circuler librement. Chaque citoyen devait se présenter accompagné de deux témoins à son Comité de surveillance (ou d'arrondissement après 1794). Celui-ci après enquête, établissait le document en y mentionnant l'âge, la profession, l'adresse, et le lieu dont est originaire le citoyen.
Anévrisme vrai de l’artère Poplitée, guéri par l’opération.
Jean LAZARDEUX, menuisier, âgé de 29 ans, éprouva six mois avant d’entrer à l’hôpital de la Charité, une légère douleur au jarret gauche, et peu de temps après il s’aperçut dans ce même lieu ; d’une petite tumeur qui ne l’empêchait pas de continuer son état.
Trois mois s’écoulèrent sans augmentation de la maladie ; mais au bout de ce temps, LAZARDEUX ayant fait une chute en transportant une charge de bois, et le genou gauche tout l’effort ; la tumeur fit des progrès beaucoup plus rapides, et devient fort volumineuse. Le malade ayant employé sans succès beaucoup de remèdes que des empiriques lui fournirent, entra à l’hôpital de la Charité Le 26 décembre 1796.
La tumeur avait alors deux pouces de haut en bas, trois pouces d’un coté et de l’autre, représentait un ovale irrégulier situé transversalement ; elle était assez dure, et présentait cependant des battements isochrones à ceux du pouls. La jambe s’engorgeait le soir ; et qui rendaient les mouvements du membre presque impossibles. On sentait distinctement les battements de l’artère articulaire interne supérieure, ce qui annonçait tout à-la-fois la gêne de circulation dans l’artère poplitée anévrismatique, et la dilatation de ses branches collatérales. La maladie faisant des progrès journaliers, et l’opération étant urgente, et je la pratiquai le 4 janvier 1797.
Le malade fut situé sur le bord droit d’une table garnie d’un matelas, et couché sur le ventre ; la compression étant exercée sur l’artère fémorale au moyen d’un tourniquet, je fis avec un bistouri ordinaire une incision d’environ sept pouces selon la direction de l’artère, un peu plus en en dedans que le milieu de l’espace compris entre le muscle biceps fémoral et le demi-membraneux, afin d’éviter le nerf sciatique qui est situé un peu plus en dehors, et qui ne parut pas durant toute l’opération , étant demeuré caché dans l’épaisseur de la lèvre externe de l’incision.
Ensuite je plongeai le bistouri dans la sac anévrismal que j’ouvris dans toute son étendue. Il s’en échappa avec force une certaine quantité de sang liquide, et je débarrassai sa cavité de tous les caillots qu’elle contenait. Je ne distinguai pas d’abord l’artère, à cause de la couleur noirâtre du foyer ; mais après épongé celui-ci avec soin, j’aperçus la paroi de l’artère opposée à celle qui s’était d’abord dilatée, et ensuite déchirée. J’introduisis une algalie de femme dans la partie supérieure de l’artère que je pinçai ensuite avec la sonde entre l’index et le pouce de la main gauche, tandis que je passais autour de l’artère une aiguille courbe enfilée d’une double ligature formée de plusieurs brins de fils cirés ; la pointe de l’aiguille fut enfoncée à coté du doigt indicateur, et sortit à coté du pouce de la main gauche qui soulevait l’artère.
Cela fait, je retirai la sonde ; je plaçais l’extrémité du doigt indicateur de la main gauche sur l’artère dans l’intervalle des deux chefs de la ligature, que je saisis avec la main droite, et tirant ces chefs à moi pendant que je pressais l’artère avec le doigt indicateur, je fis suspendre la compression, et le sang ne sortant point, je fus certain que le vaisseau était embrassé par le ligature. Ensuite j’introduisis de nouveau la sonde dans la partie supérieure de l’artère, et je passai de la même manière une autre ligature double, à trois ou quatre lignes au dessus de la première. L’une des deux ligatures inférieures fut serrée par deux nœuds simples, réservant les autres comme ligatures d’attente, et faisant suspendre la compression, je m’assurai de l’efficacité de la ligature que je venais de nouer. La sonde fut portée ensuite sur dans la partie inférieure de l’artère, et je plaçais de la même manière une ligature double au dessous de la déchirure du vaisseau. Un des chefs de cette ligature fut serré, et l’autre fut conservé comme ligature d’attente, en sorte qu’il n’y avait six ligatures, dont deux serrées et quatre d’attente. Je fis à chacune des marques distinctives pour pouvoir les reconnaitre au besoin. Je garnis l’intérieur du sac avec de la charpie molette et fine, sur laquelle je plaçai quelques compresses, et le tout fut soutenu par une bande roulée médiocrement serrée.



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