Cousin Célèbre
Alain CHARTIER
Alain CHARTIER fils de Etienne CHARTIER (1344-1403) et de Marie BOUTIN (1360. Il serait né vers 1386 à Bayeux dans la Calvados et baptisé vers 1386 à Bayeux dans le Calvados. Décédé vers 1456 à Avignon dans le Vaucluse à l'âge de 70 ans
Inhumé vers 1456 à Avignon dans le Vaucluse. Seigneur de Boissy-Le-Sec ; Arnonville et La Varenne. Il fut Avocat à Orléans (notaire ou clerc) et Fondateur -Principal et Chapelain du Collège de Boissy. Poète et Historien / Boursier du Collège de Boissy .
Né d'un bourgeois riche et considéré de Bayeux, nommé Jean Le Caretier ou Chartier († après 1404), habitant une maison située actuellement à l'intersection de la rue Saint-Malo et de la rue Royale, il était le frère de Guillaume Chartier (évêque de Paris de 1447 à 1472) et de Thomas Chartier (qui fut aussi notaire et secrétaire de Charles VII, mort avant 1463)2. Il était probablement l'aîné de la fratrie. Il fit ses études à l'Université de Paris, où il atteignit le grade de maître ès arts. Sans doute à l'occasion d'une assemblée du clergé qui se tint en 1412, il composa un Discours au roi sur les libertés de l'Église (probablement une simple « lettre ouverte », qui lui est attribuée dans un des trois manuscrits). Entre 1412 et 1416, il commença à se faire connaître par de la poésie française (notamment Le Livre des quatre dames, datant de 1416).
D'abord au service de Yolande d'Aragon, il s'attache au Dauphin Charles à partir de 1417, et s'enfuit avec lui de Paris après la prise de la capitale par les Bourguignons (29 mai 1418). Appartenant ensuite à la maison du Dauphin à Bourges, dans Le Quadrilogue invectif, écrit en 1422, il se qualifie d'« humble secrétaire du roy notre sire et de mon très redouté seigneur monseigneur le régent ». Sa Lettre à l'Université de Paris, où il expose à sa « mère » l'état lamentable du royaume et l'exhorte à être fidèle à la dynastie légitime, a sans doute été écrite début 1419, en tout cas avant l'assassinat du duc Jean sans Peur le 10 septembre 1419. Au début de 1420, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Paris par l'évêque Gérard de Montaigu, mais à titre purement honorifique, car ce dernier avait fui également la capitale.
L'écrit intitulé Ad detestationem belli Gallici et suasionem pacis a probablement été composé en janvier 1423, juste après que le Dauphin, à la mort de son père (21 octobre 1422), a pris le titre de roi ; le ton est plus optimiste, et l'orateur prodigue ses conseils au souverain, aux princes (sans doute plus spécialement le duc de Bourgogne, avec qui le contact a été renoué) et à tous les Français. Cet écrit est suivi dans certains manuscrits d'un poème de quarante vers latins, les seuls qu'on lui connaisse (sinon toute son œuvre latine est en prose). C'est en 1423 également qu'il reprend sa production en poésie française.
Il participa à plusieurs ambassades envoyées par Charles VII pour rétablir sa situation face aux Anglais : à Buda auprès de l'empereur Sigismond (décembre 1424, avec Artaud de Grandval, abbé de Saint-Antoine en Dauphiné, et Guillaume Saignet), à Rome et à Venise (dans le même voyage, en 1425), à Bruges pour négocier avec le duc de Bourgogne (1426, avec Georges de La Trémoille), à Perth en Écosse (1428) pour ranimer l'alliance des deux royaumes contre l'Angleterre et demander la main de la petite princesse Marguerite pour le Dauphin, futur Louis XI. On conserve quatre discours en latin correspondant à ces missions diplomatiques (deux Discours de la mission d'Allemagne, une Harangue aux Hussites, révoltés contre Sigismond, un Discours au roi d'Écosse). Doté d'un bénéfice ecclésiastique (la cure de Saint-Lambert-des-Levées, près de Saumur), il fut sans doute ordonné prêtre après son retour de Rome en 1425. En 1427, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Tours, et à une date incertaine, chanoine-chancelier de celle de Bayeux (à titre honorifique, la Normandie étant occupée par les Anglais).
Il était à Bourges en août 1429, quand il écrivit une lettre latine sur Jeanne d'Arc à la demande d'un ambassadeur étranger nommé Corardus, peut-être un envoyé du duc de Milan. Il mourut peu de temps après, en laissant inachevé le Livre de l'Espérance, commencé en 1429. Son décès eut apparemment lieu à Avignon, on ne sait trop pourquoi (l'hypothèse d'une disgrâce est arbitraire, formulée au temps où on situait sa mort vingt ans plus tard)3. En 1458, son frère l'évêque Guillaume, de passage à Avignon pour se rendre à Rome, commanda un monument funéraire au sculpteur lorrain Jean de Fontay (actif à Avignon de 1451 à 1467) ; le prix de seize écus fut payé le 3 août 1459. Ce monument, qui se trouvait dans l'église des Antonins de la ville, disparut lors de travaux de remaniement de l'édifice effectués entre 1731 et 17454.
Œuvre ayant joui d'une très grande renommée aux XVe et XVIe siècles, Alain Chartier s'est vu attribuer de très nombreux textes qui n'étaient pas de lui. Ainsi, dans la principale édition complète de son œuvre, celle d'André Duchesne (Les œuvres de maistre Alain Chartier, etc., Paris, chez Samuel Thiboust, 1617), moins de la moitié du volume de texte (420 pages sur 868) correspondent à des productions authentiques de l'écrivain. Le premier texte de cette édition est une Chronique du roi Charles VII (allant de 1403 à 1455, source historique de grande importance), dont l'attribution à Alain Chartier est d'ailleurs assez incompréhensible puisque l'auteur se présente lui-même dans le prologue (« Je, Berry, premier herault du roy de France... ») : il s'agit de Gilles Le Bouvier, dit le « héraut Berry » (1386- † v. 1455) ; sur ce texte, c'est André Duchesne lui-même qui a rectifié l'erreur d'attribution très peu de temps
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