Maurice Gabriel VIOLLETTE Homme Politique

Cousin Célèbre


Maurice Gabriel VIOLLETTE




Maurice Gabriel Viollette, né le 3 septembre 1870 à Janville (Eure-et-Loir) et mort le 9 septembre 1960 à Dreux, est un homme politique français.

Il fut maire de Dreux de 1908 à 1959 (avec interdiction d'exercice de 1940 à la Libération), député puis sénateur d'Eure-et-Loir. Il a été ministre du Ravitaillement en 1917. Gouverneur général de l'Algérie de 1925 à 1927, il fut à l'initiative d'un projet de loi donnant à certains Algériens musulmans le droit de vote et la nationalité française, avant d'être ministre d'État sous le Front populaire de 1936 à 1938.
Fils de Jules Viollette (1840-1896), banquier, et de Marie Foucher1, Maurice Viollette, après l'école communale de Janville, poursuit sa scolarité au lycée Pothier d'Orléans, où vivent ses grands-parents maternels. Il obtient son baccalauréat après un premier échec, puis fait son service militaire à Montargis au 82e régiment d'infanterie.

Il fait ensuite ses études de droit (licence - D.E.S.- doctorat) à la Faculté de Paris, après avoir passé deux thèses ayant pour sujet Les offres réelles en droit français et La plus-value due aux fermier sortants en droit français. Avocat inscrit au barreau de Paris en 1892, il adhère à l'Association des Jeunesses républicaines où il donne des conférences. En 1896, il devient à 26 ans chef de cabinet d'Alexandre Millerand, ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes de 1899 à 1902 dans le gouvernement Pierre Waldeck-Rousseau.

En 1897, il est élu conseiller municipal de Janville, remplaçant son père décédé l'année précédente. Il est ensuite candidat aux législatives à Chinon en 1898, sans succès, puis élu conseiller municipal à Tours en 1900. Il est secrétaire de la première séance et désigné pour participer à deux commissions (finances et enseignement).

Il est candidat aux législatives de 1902 à Dreux et élu député radical d'Eure-et-Loir, constamment réélu jusqu'en 19192. Ayant refusé d'adhérer au Bloc national, il est battu lors des élections législatives de 1919 par François Durand-Béchet, alors que la Chambre des députés est dite "bleue horizon", la majorité de ses membres étant des anciens combattants de la Grande Guerre. Le 6 novembre 1912, il épouse à 42 ans Thérèse Mathon à Paris, dans le 6e arrondissement.

Membre de la Ligue des droits de l'homme, il retrouve son siège au Palais-Bourbon en 1924 (radical, puis républicain socialiste à partir de 1928). Il est sénateur de l'Eure-et-Loir de 1930 à 1939. Après la guerre, il siège à la première (1945) et la seconde (1946) assemblées nationales constituantes comme radical, puis comme UDSR. Élu UDSR à l'Assemblée nationale en 1946, il est inscrit au groupe républicain radical et radical-socialiste de 1951 à 1955.

Maurice Viollette est aussi très actif dans la franc-maçonnerie. Initié en mars 1893 à la loge Bienfaisance et Progrès, il a plus tard été élu au Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France.

Maire de Dreux de 1908 à 1959 (sauf lors de la période de décembre 1940 à août 1944, où il fut démis des fonctions par arrêté du ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy), il est ministre du Ravitaillement en 1917, gouverneur général de l'Algérie de 1925 à 1927, puis ministre d'État sous le Front populaire de 1936 à 1938. En 1931, il publie l'ouvrage intitulé L'Algérie vivra-t-elle ?, dans lequel il affirme que si l'Algérie devait rester le fief exclusif des colons, elle serait dans « quinze ou vingt ans » perdue pour la France.

Partisan des réformes dans l'Empire colonial, il est l'auteur du projet de loi Blum-Viollette qui prévoyait d'accorder la citoyenneté française et le droit de vote aux élites musulmanes algériennes. Ce projet est rejeté sous la pression des colons français d'Algérie.

Lors de l'invasion allemande de la France en 1940, il quitte Dreux et se retrouve à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Franc-maçon, il est révoqué de ses fonctions de maire de Dreux le 31 décembre 1940, en application de la loi sur les sociétés secrètes. Alors qu'il demeure à Paris 5, boulevard du Montparnasse, il est arrêté en février 1941 par la police française qui l'interroge à Chartres et est assigné ensuite à résidence surveillée dans un hôtel de Redon en Bretagne. Il refuse de payer l'hôtelier, estimant qu'il est pensionnaire de l'établissement contraint et forcé et que c'était à l'administration de payer l'hôtel.
Il est alors assigné à résidence dans son appartement parisien situé 199 rue de Grenelle, puis, ayant déménagé, rue Cognacq-Jay où il reste jusqu'en avril 1944, quittant Paris pour s'installer chez un couple d'amis, les Benoist, au Mesnil-sur-l'Estrée dans l'Eure, puis allant près d'Orgerus pour se rapprocher de Dreux. Pour venir à Dreux, il fait le voyage à bord d'une ambulance, la tête entourée de bandelettes pour ne pas être reconnu. Arrivé à Dreux, il est hébergé rue Godeau chez le docteur Gautier où une cachette a été aménagée en cas de fouilles.

Il est réélu à la Libération et reste député jusqu'en 1955 ainsi que maire de Dreux et président du conseil général d'Eure-et-Loir de 1920 jusqu'à sa mort. En 1947, faisant partie de la commission parlementaire chargée d'enquêter sur les événements de 1939 à 1945, il se rend avec d'autres parlementaires sur l'Île d'Yeu pour y interroger le Maréchal Pétain pendant deux heures.

Le 19 octobre 1950, il intervient en séance de nuit à la Chambre des députés. A la suite de Pierre Mendès France qui, dans son intervention de l'après-midi, avait alerté l'assemblée sur les risques pour la nation de poursuivre la guerre en Indochine. Il dit : « Le jour où nos combattants d'Indochine apprendraient que nous nous sommes rapprochés de leur ennemi, le jour où ils apprendraient que nous pensons à négocier une sorte d'armistice comme celui de 1940, les armes leur tomberaient des mains. »

En 1952, le conseil municipal décide, malgré l'opposition de quatre conseillers membres du P.C.F., que la Grande Rue de Dreux prendra le nom de Maurice Viollette. C'est un cas très rare d'odonyme du vivant de la personne.

Le 1er octobre 1959, suivant acte sous sein privé à Dreux, il crée avec Robert Hersant, éditeur, alors demeurant à Paris 14, square du Bois de Boulogne, et André Boussemart, la SARL "Société d'édition et de publicité d'Eure-et-Loir" au capital d'un million de francs, son siège étant situé à Dreux 23, rue Saint-Martin.

Maurice Viollette n'a pas d'enfants et pour seule famille, une unique nièce qui décède avant lui dans un accident automobile. Dans son testament en date du 17 janvier 1960, il lègue notamment 300 000 francs à sa ville natale de Janville (Eure-et-Loir) dont le revenu doit être attribué chaque année par le conseil municipal aux familles nécessiteuses de la ville ainsi que ses estampes algériennes de son cabinet de Chartres et son pendule de Barbedienne, bronze et marbre noir, qui se trouvait dans sa chambre. Il donne sa maison de Dreux, située rue Loiseleur Deslongchamps, pour qu'elle devienne un musée-bibliothèque. 

Maurice Viollette meurt en son domicile de Dreux d'une crise cardiaque le 9 septembre 1960 à l'âge de 90 ans. Sa dépouille mortelle est exposée au beffroi de Dreux dont la façade est en partie recouverte d'un drap noir. Ses obsèques ont lieu le 14 septembre 1960, trois chars couverts de fleurs précèdent le corbillard. Au cimetière, sept discours sont prononcés.

Sa veuve, Thérèse Mathon, meurt dans sa maison de la rue Loiseleur-Deslongchamps le 19 novembre 1969 à l'âge de 84 ans.


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