Dictionnaire des noms (2)

Dictionnaire des Noms

Lemoine
Un sobriquet qui devait sans doute être péjoratif au moyen âge, les moines n'ayant pas une très bonne réputation (on était par exemple gras comme un moine, sans parler des moines paillards).
Lemoyne
Variante de Lemoine (voir ce nom).
Moinardeau
Diminutif de Moinard, lui-même dérivé péjoratif de Moine (voir Lemoine). C'est en Vendée et en Poitou-Charentes que l'on trouve les Moinard et les Moinardeau.
Moinel
On peut penser à un diminutif de Moine (voir Lemoine), mais il est sans doute préférable de considérer ce nom comme un sobriquet métaphorique formé sur le nom moineau (attesté sous la forme moinnel dès l'an 1200), désignant sans doute une personne légère (au sens physique) ou écervelée. Le nom est surtout porté en Lorraine (88, 54), mais on le trouve aussi dans la Somme. On rencontre la variante Moineau dans le Centre.
Moinier
Peut-être un diminutif de Moine (voir Lemoine pour le sens), mais sans aucune certitude.
Moinot
Diminutif de Moine (voir Lemoine) rencontré dans le Poitou.
Moniot
Porté notamment en Bourgogne (21) et dans les Vosges, devrait être un diminutif de Moine (voir Lemoine), plutôt que de Monier (voir ce nom).
Moniaux
Porté dans le département du Nord (également 51, 02), c'est sans doute un diminutif de Simon, formé par aphérèse, tout comme Moniot (21, 88, Belgique). A envisager aussi : un diminutif de Moine (voir Lemoine).
Couturier
Il s'agit bien sûr d'un métier, mais attention : rien à voir en principe avec la couture. Le nom, très fréquent dans la région lyonnaise, désigne en effet un cultivateur, le tenancier d'une couture (du latin cultura). Fréquent comme toponyme, le mot couture avait le sens de terre cultivée.
Cuturier
Variante de Couturier (voir ce nom) portée dans l'Ain.
Coudurier
Variante de Couturier (voir ce nom) portée en Savoie et dans l'Ain. En composition : Coudurier-Boeuf (74), Coudurier-Curveur (01).
Le patronyme recherché a également été trouvé dans les définitions suivantes :
Dendary
Nom porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Variantes : Dendarie, Dendarys. Désigne celui qui est originaire de Dendaria, hameau de la commune de Béguios (64). Formes voisines : Dendarin, Dendariaena, Dendarieta. Sens du toponyme : le lieu où habite le tailleur, le couturier (basque dendari).
Deschepper, De Schepper
Nom flamand correspondant à un métier, le couturier (sans doute tailleur d'habits).
Desqueper
Variante un peu francisée du flamand Deschepper, De Schepper, qui signifie le couturier (nom de métier).
Neige
Surtout présent dans l'Est (54, 88), mais aussi en Auvergne (63), le nom n'a de toute façon rien à voir avec la neige, qui se disait alors noif. En Auvergne, ce serait peut-être le surnom d'un batelier (neige = naige, nage au sens de navigation). En Lorraine aussi, mais il ne faut pas négliger un éventuel rapprochement avec le patronyme Neiger (= couturier).
Laguillier
Nom porté en Picardie (80, 62), rencontré aussi sous la forme Laguiller. Variantes : Laguillez, Laguilliez (59). Contraction de l'aguillier, qui désigne sans doute un marchand d'aiguilles, éventuellement un couturier (ancien français aguille = aiguille).
Aucouturier
Porté notamment dans l'Allier et le Puy-de-Dôme, désigne le fils du couturier ou de celui qui s'appelle Couturier (attention, couturier = cultivateur). Variante : Aucuturier (23).
Percepied
Le nom est porté en Normandie (variante : Perchepied). C'est un surnom difficile à élucider, mais on peut envisager un sobriquet pour un cordonnier. A noter, dans le même esprit, le curieux nom Percepusse (71), qui devrait avoir désigné un tailleur, un couturier (sens attesté pour le mot percepoux en 1386).
Naeye
Porté dans le département du Nord, le nom semble flamand et devrait évoquer la couture (cf. le verbe néerlandais "naaien" = coudre). Il devrait désigner un couturier, tout comme le nom voisin Naeyaert."
Denayer
Porté dans le département du Nord et en Belgique, désigne en néerlandais un couturier. Variantes : Denaeyer, Deneyer, De Naeyer, De Nayer.
Joffroy
Variante de Geoffroy (voir ce nom) rencontrée dans l'Est (10, 52, 70). Autres formes : Jeoffroi, Jeoffroy, Joffrey.
Plamont
Surtout porté dans le département du Nord, également présent autrefois en Dordogne, c'est un toponyme désignant un plateau élevé (mot à mot "le mont plat"). Variantes : Plamon, Plamond (24, 59). Dans la Dordogne, on notera le hameau de Plamont à Saint-Germain-des-Prés."
Bailly
Correspond à la fonction de bailli, l'équivalent français de Batlle (voir ce nom). C'est dans les départements du Cher et de la Haute-Saône que le nom est le plus répandu.
Baly
Nom qui peut avoir des origines géographiques différentes : dans l'Est (88), c'est variante graphique de Bailly (voir ce nom) attestée par plusieurs textes. Il en va apparemment de même dans le Nord. Dans la Creuse, il devrait s'agir plutôt d'une variante de Balin, nom de personne d'origine germanique (diminutif de Ballo, formé sur une racine obscure).
Le Baillif
Porté en Normandie et dans la Mayenne, le nom correspond à la fonction de bailli (représentant du seigneur dans la communauté villageoise). Variante : Le Bailly (50).
Bally
Surtout porté dans l'Isère, c'est une variante de Bailly (= bailli, officier représentant le seigneur dans la ville ou le village).
Buisson
Très répandu dans de nombreuses régions de France, notamment le Limousin et le Dauphiné, désigne celui qui habite un lieu-dit le Buisson ou en est originaire. Sens du toponyme : lieu buissonneux, mais aussi lieu où pousse le buis, il est difficile de faire un choix.
Bisson
Variante normande de Buisson (lieu buissonneux), toponyme devenu patronyme. Autre possibilité : variante de Besson (= jumeau).
Boussillon
Le nom est trop rare pour qu'on puisse connaître avec certitude son origine géographique, même s'il paraît localisé dans le Bordelais. Il renvoie à un nom de hameau ou de lieu-dit. On trouve deux hameaux appelés le Boussillon dans la Haute-Loire (Pinols et Saint-Germain-Laprade), et un troisième à Buisson (Vaucluse). Sens du toponyme : sans doute un diminutif de buisson.
Dubuisson
Surtout porté dans le département du Nord, en Picardie et en Normandie, désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit le Buisson (voir Buisson).
Le patronyme recherché a également été trouvé dans les définitions suivantes :
Barthe, Barthes, Barthès
Nom caractéristique du Sud-Ouest, qui est un toponyme désignant un buisson, un bosquet, un terrain couvert de broussailles. Origine obscure : peut-être une racine préromane bar (= pierre) ou barda (= boue, fange). De nombreux lieux-dits ou localités portent ce nom.
Bartissol
Fréquent à Rivesaltes (66), le nom semble languedocien, et doit venir du Sud-Ouest : en effet deux hameaux s'appellent Bartissol, à Aguts (81) et à Revel (31). Il devrait s'agir d'un toponyme formé sur l'occitan barta (= buisson, lieu broussailleux), avec le suffixe occitan -issòl.
Bissonet, Bissonnet
Nom surtout porté dans le Loiret et en Mayenne. C'est apparemment un diminutif de Bisson, fréquent en Normandie où il est une variante régionale du mot buisson. On ne peut totalement éliminer l'hypothèse d'une variante de Bessonnet (85), diminutif de Besson (= jumeau).
Boisson
Un patronyme très répandu, que l'on trouve dans des régions très diverses, depuis le Jura jusqu'aux Charentes, en passant par le Gard. Désigne celui qui est originaire d'une localité ou habite un lieu-dit portant ce nom. Sens du toponyme : petit bois, buisson ou encore lieu où pousse le buis.
Bouchonneau
Nom porté dans l'Ouest, de la Vendée au Bordelais. C'est un diminutif de l'ancien français bousche (= buisson, taillis).
Boussion
Désigne celui qui est originaire de Boussion, hameau à Trémentines (49) ou des Boussions à Thoiré-sur-Dinan (72). C'est d'ailleurs dans ces deux départements que le nom est le plus répandu. Signification : sans doute une variante ou un diminutif de buisson.
Broque
Nom du Sud-Ouest. C'est un toponyme d'origine préromane désignant soit un éperon rocheux, soit un buisson épineux.
Broutin
Sans doute un diminutif du toponyme Brout (une commune porte ce nom dans l'Allier), qui paraît correspondre à un terme préroman supposé *brota (= fourré, buisson).
Hallier
Nom très fréquent dans l'Ouest (56, 53), pour lequel plusieurs solutions sont possibles. D'abord un toponyme ayant le sens de buisson, taillis. Ensuite un nom de métier désignant celui qui avait la garde des halles, qui percevait les taxes liées à la vente des produits. Enfin, et l'on revient à la toponymie, un terme évoquant une sorte de hangar. C'est la seconde solution qui est le plus souvent adoptée.
Korczak
Nom d'origine polonaise. La racine Korcz peut être rattachée à karcz (= souche d'arbre) ou à korzec (= buisson). A noter cependant que le nom commun korczak peut désigner une pelle en bois.
Thiboutot
Diminutif de Thibout (voir Thibout et Thibault). Quasiment inconnu aujourd'hui en France, le nom est porté au Québec et semble venir de Normandie (76).
Tubau
Porté dans les Pyrénées-Orientales, l'Aude et la Haute-Garonne, c'est un nom de personne d'origine germanique, Theudobald (theud = peuple + bald = audacieux), équivalent de Thibault. Variantes : Tubaud, Tubaut, Tubeau (56, 49).
Théobald
Assez fréquent en Moselle, c'est l'équivalent du prénom Thibault (voir ce nom). Variantes : Théobalt, Théobold.
Thiraubois
Le nom a surtout été porté en Lorraine (54, 55), mais on le rencontrait aussi en Vendée, où il semble l'équivalent des formes plus courantes Tirebois, Tirbois. Si les deux dernières formes évoquent l'extraction du bois dans les forêts, il n'en est pas forcément de même pour le lorrain Thiraubois, à rapprocher de Thiraucourt, commune des Vosges. Il devrait s'agir d'un toponyme désignant le bois de Thirau, nom de personne germanique. A envisager aussi : une déformation du nom allemand Theobald (= Thibault).
Thibaulot
Porté dans les Vosges et la Haute-Saône (variante : Thibolot), devrait être un diminutif de Thibault.
Deboudt
Surtout porté dans le département du Nord, pourrait être un surnom flamand pour un homme hardi, audacieux (moyen néerlandais "boud"). Autre possibilité : nom de personne d'origine germanique, variante de Diebolt (= Thibault). On hésitera aussi entre ces deux sens pour le nom Debout.
Hardy
Même sens que l'adjectif hardi, qui vient du germanique hard (= dur), sur lequel on a formé le verbe *hardjan, qui a sans doute donné en ancien français *hardir (= rendre dur), dont hardi serait le participe passé.
Boishardy
Porté dans les Côtes-d'Armor, désigne celui qui habite un lieu-dit Bois Hardy, le bois appartenant à Hardy (voir ce nom). Un hameau s'appelle le Bois Hardy à Bréhand (22), c'est également un lieu-dit à Meslin (22). Le toponyme se rencontre aussi en Loire-Atlantique et en Charente-Maritime.
Boudet
Deux possibilités pour ce nom fréquent dans l'Allier : soit le diminutif de Boude (= nombril, sobriquet appliqué à une personne au gros ventre), soit le diminutif du nom de personne d'origine germanique Boude(s), qui vient de Bodo (bod = messager). Vu le suffixe utilisé, la seconde solution me paraît préférable. En effet, les dérivés de Boude = gros ventre sont plutôt du type Boudaille, Boudigue.
Blin
Blin est une forme contractée de Belin, nom qui désignait au moyen âge un mouton, un bélier. Le mot vient du néerlandais BEL ( = cloche). Dans le Roman de Renart, le mouton s'appelait Belin. En tant que nom de famille, c'est un sobriquet qui désigne soit tout bêtement un berger, soit un personnage violent et entêté, comme le bélier.
Blain
Le nom est surtout porté dans le Centre (45), dans le Lyonnais (26, 69) et dans l'Ouest (44, 49, 85). Dans la plupart des cas, et notamment dans le Lyonnais, c'est un nom de personne d'origine germanique, Bladinus, fréquent dans les cartulaires de Savigny et d'Ainay. On peut aussi penser à celui qui est originaire de Blain (44) pour les porteurs du nom dans l'Ouest (le toponyme paraît correspondre au nom de personne gaulois Belenius). Enfin, dans certains cas, Blain est attesté comme variante de Blin, Belin (voir Blin).
Blein
Le nom se rencontre notamment dans la Loire et les Hautes-Alpes, ainsi que dans les Vosges. M.T. Morlet en fait une variante de Blain (voir Blain, Blin), ce qui n'est pas forcément évident. On rencontre des toponymes Blein, Bleine dans les Alpes du Sud, où ils semblent évoquer un sommet montagneux. La forme vosgienne pourrait peut-être venir de l'allemand Blei (= brème, poisson).
Belin
Voir Blin pour le sens. Le nom est porté notamment dans la Côte-d'Or, l'Allier et l'Ardèche. Variante : Belain (03, 79, 86).
Fontaine
Qui habite ou possède une parcelle près d'une fontaine, d'une source. Correspond au catalan Font, Fontana.
Chignaguet
Nom porté en Dordogne, où l'on trouve aussi la forme plus rare Chignague. Je n'en connais pas le sens, mais il pourrait y avoir un rapport avec la cigogne (cigonha en occitan). En tout cas c'est un toponyme rencontré précisément en Dordogne, à Eyliac (Claud de Chignaguet), à Saint-Cyr-les-Champagnes, et surtout à Blis-et-Born, où l'on trouve Chignaguet, le Haut Chignaguet et la Fontaine de Chignaguet.
Fonteneau
Diminutif de Fontaine, désigne une petite source. Nom très répandu en Vendée, et plus généralement dans l'Ouest. Variantes : Fontenau, Fontenaud, Fontenault, Fonteneaud. Les formes Fontenel (38) et Fontenelle (59, 72) sont également fréquentes.
Le patronyme recherché a également été trouvé dans les définitions suivantes :
Aurain
Assez rare, ce nom est surtout porté dans l'Ouest (44, 49, 72). On le rencontre beaucoup plus souvent sous la forme Orain, toponyme qui semble désigner une source, une fontaine ou un cours d'eau. C'est en tout cas une certitude en Bourgogne et en Franche-Comté, où le toponyme est fréquent (une commune de la Côte-d'or s'appelle Orain).
Bonafos, Bonafous
Paraît venir de 'bona fos', formule de bénédiction appliquée à une enfant (= que tu sois bonne), mais pourrait aussi être l'équivalent du français 'bonne foi'. Ce nom était relativement fréquent chez les Juifs du Moyen-Âge, on le rencontre à Carpentras au XIIe siècle. Autre possibilité, surtout pour Bonafous : un toponyme avec le sens d'endroit enfoncé, gorge, également fontaine en ancien occitan. Le nom Bonafos est porté dans les Pyrénées-Orientales, on le rencontre également dans le Tarn, département où l'on trouve aussi les Bonafous.
Brunner
Rencontré en Allemagne et en Alsace-Lorraine, désigne celui qui habite une localité nommée Brunn ou qui en est originaire. Le toponyme, qui signifie fontaine, source, est fréquent en Allemagne.
Duphot
Nom porté dans la Creuse. Désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit le Phot ou le Fot, le Fôt. Il s'agit d'un toponyme assez répandu dans ce département : on trouve le hameau du Phot dans la commune de La Souterraine, mais aussi la Fot (commune de Noth) et surtout le Fôt (hameaux à Pionnat et à Saint-Amand, où existe aussi un moulin du Fôt, également lieu-dit la Goutte du Fôt à Saint-Agnant de Versillat). Le sens du toponyme est incertain : il se rattache apparemment à l'ancien occitan fos, fotz (= fontaine, mais aussi gouffre). A noter qu'on le rencontre aussi en Bretagne, où il désigne un lieu où les eaux se déversent.
Fondeville
Désigne en catalan celui dont la maison se situe près de la font de la vila (la fontaine de la ville).
Fonquerny
Toponyme catalan devenu patronyme, qui désigne la fontaine ayant quatre jets (diminutif de Fons quaterna > Fonquerna). Avec le même sens : Fonquerne (11, 81), Fonquernie (09), Fonquergne (31, 11), Fontquergne (11).
Fons, Font
Toponyme devenu patronyme. Il s'agit bien sûr de la source, de la fontaine. C'est du moins une certitude pour Font, car, pour Fons, certains linguistes y verraient le sens de fond, creux, en liaison avec le nom commun de même sens fons (latin fundum). A mon avis, Fons est plutôt une forme simplifiée de Fonts (avec un S d'appartenance).
Fontana
Désigne une fontaine, dans de nombreuses langues méditerranéennes. Avec le même sens : Fontane (30), Fontanes (42, 48, 49).
Fontanell, Fontaneil
Diminutif de font > fontana avec le suffixe latin -ellum. Petite fontaine.
Fontany
Un nom catalan, l'un des nombreux toponymes ayant le sens de fontaine.
Fontenas
Nom de famille rencontré dans le Centre, notamment dans le Loir-et-Cher, département où existe un lieu-dit Fontenas à La Chapelle-Vendômoise. Signification : dérivé du mot fontaine.
Fountic
Nom rare rencontré dans l'Aude (Fleury). C'est un diminutif de font (= fontaine, source). Variantes : Fontic, Fontich.
Fuentes
Nom castillan correspondant au catalan Font. Toponyme désignant un lieu où il y a une source, une fontaine.
Ithurbide, Iturbide
Nom basque formé sur ithurri (= fontaine) et bide (= chemin). Désigne celui qui habite le chemin qui mène à la fontaine. On trouve également en Pays basque le nom Dithurbide.
Ithurralde
Signifie en basque les environs d'une fontaine, et donc celui qui habite le lieu-dit portant ce nom.
Lafont, Lafon, Laffont
Formes de Font = source, fontaine (voir ce mot) avec agglutination de l'article. Signifie la fontaine.
Lafontaine
Celui qui habite auprès d'une fontaine, ou qui est originaire d'un lieu-dit ou d'un hameau portant ce nom. Outre Paris, le patronyme est assez répandu en Lorraine (54, 57) et en Haute-Savoie.
Thomas
Nom de baptême popularisé par l'un des apôtres. Son origine est un nom hébreu emprunté à l'araméen t(e)'ôma' (racine t.'.m = être double), dont la traduction grecque est Didymos (= jumeau). C'est l'un des noms de famille les plus répandus en France, les départements où il est le plus fréquent étant les Vosges et le Morbihan.
Barbet
Fréquent dans de nombreuses régions, le nom est surtout porté dans le Nord et dans la Sarthe. C'est un diminutif de barbe, surnom donné à un barbu. Variantes : Barbey (Normandie), Barbez (Nord). En composition, on recontre le nom Barbet-Massin, où Massin est un diminutif de Thomas.
Demassieux
C'est dans le Pas-de-Calais que le nom est le plus répandu. Difficile de dire si on a affaire au fils de Massieux (hypocoristique de Thomas) ou à celui qui est originaire d'une localité appelée Massieux. Dans ce département, la première solution semble cependant préférable. Le nom de famille Massieux est pour sa part fréquent dans l'Oise.
Maes, Maas
L'un des trois noms les plus portés en Belgique. C'est un diminutif de Thomas, formé par aphérèse. On trouve fréquemment les formes Maessen, Maassen(s), avec génitif de filiation.
Masselin
Hypocoristique de Thomas, rencontré en Normandie (27, 76).
Massenat
Dans certaines régions, c'est un hypocoristique du prénom Thomas (51, 02). En Dordogne, il semble s'agir plutôt d'un toponyme, peut-être dérivé de mas (cf le hameau de Massénat à Glandon, dans la Haute-Vienne).
Massenet
Surtout porté en Lorraine (54, 55), c'est un hypocoristique de Thomas, formé par aphérèse. Formes voisines : Massenat (voir ce nom), Massenez (88), Massenot (Bourgogne et Franche-Comté).
Masset
Nom très fréquent en France, surtout présent dans le Nord (62, 59). C'est l'un des nombreux diminutifs du nom de baptême Thomas, formé par aphérèse (Thomasset > Masset).
Massey
Le nom se rencontre à la fois dans l'Aube et en Béarn (64). Dans le premier cas, il doit s'agir d'un ancien nom de localité (à rapprocher des nombreux Massy), ou encore d'un hypocoristique de Thomas. Dans le Sud-Ouest, où on rencontre aussi la forme Masseys, c'est apparemment une variante de Massé (voir Massé 1).
Massicot
Patronyme porté dans le Centre (18, 36), rencontré également en Charente-Maritime depuis le XVIIe siècle. Variante rare : Massicault. C'est un des nombreux hypocoristiques du nom de baptême Thomas, formé par aphérèse (suppression de la première syllabe). Le matronyme Massicotte se rencontre au Québec.
Massol
Nom très fréquent dans l'Aveyron. Le dictionnaire de M.T. Morlet y voit un mot signifiant masse, massue. A mon avis, il devrait plutôt s'agir d'un diminutif du prénom Thomas, formé par aphérèse.
Masson
Il y a deux possibilités pour ce nom : 1. Une variante de maçon, nom de métier (peu probable, mais à ne pas éliminer totalement). 2. Un hypocoristique (diminutif affectueux) de THOMAS. THOMAS > THOMASSON >MASSON (avec aphérèse, c'est-à-dire suppression de la première syllabe, procédé très fréquent avec les prénoms). C'est d'autant plus probable qu'on trouve la même chose dans d'autres langues, par exemple l'italien : Tommaso > Maso (Masi) > Masotti, Massotti, Masoni, Massoni etc...).
Massonnière
Originaire de la Massonnière, domaine appartenant à Masson (diminutif de Thomas), toponyme courant dans l'Ouest. Le nom de famille est porté dans la Charente et la Vienne. On notera, dans ce dernier département, les hameaux de la Massonnière à Mondion et à Sérigny.
Massot
On peut trouver de multiples hypothèses pour ce nom, en voici quelques-unes : hypocoristique de Thomas (avec aphérèse et suffixation) , personne corpulente , nom de personne d'origine arabe, Mas'úd (d'après Moll, els Llinatges catalans). La première solution me paraît de loin la meilleure.
Massote
Nom surtout porté en Roussillon. C'est un matronyme formé sur Massot, diminutif de Thomas. Variantes : Massota, Massotte.
Massoud
Un nom trompeur. Le plus souvent il s'agit d'un nom arabe, mas`ûd, qui signifie bienheureux. Mais c'est aussi un nom lyonnais, reconnaissable au suffixe -oud typique de la région, qui est certainement un hypocoristique de Thomas. On trouve dans la même région la variante Massaud.
Mazelin
Patronyme rencontré en Lorraine. Difficile de se prononcer. Il pourrait s'agir d'un hypocoristique de Thomas, formé par aphérèse. On rencontre en Normandie (50) le matronyme Mazeline.
Succi
Nom italien. C'est un hypocoristique de Tommaso (= Thomas), formé par aphérèse sur Tomasuccio, Tomasucci.
Thomazo
Nom surtout porté dans le Morbihan. C'est un diminutif du nom de baptême Thomas. Formes voisines dans la même région : Thomasic, Thomaso, Thomazic.
Thomazon
Diminutif de Thomas (voir ce nom) porté surtout dans la Creuse.
Hénault
Nom de personne d'origine germanique, Haginwald (hagin = enclos + wald = qui gouverne).
Lebuis
Uniquement porté aujourd'hui au Québec, désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit le Buis (= le bois, le buisson, ou bien sûr le buis). Aucune idée sur l'origine géographique exacte du nom de famille.
Matas
Nom qui paraît formé sur le toponyme mata, d'origine incertaine, désignant non pas un buisson, comme on le dit souvent à tort, mais un bosquet. Il est fréquent en Espagne, où l'on trouve aussi la forme Mata.
Maubuchon
Rencontré en Normandie et en Picardie, c'est une variante de Maubuisson, Maubusson (= le mauvais buisson, le mauvais petit bois). On trouve également le nom dans les Côtes-d'Armor, où il correspond à un hameau de la commune de Lamballe.
Thornton
Nom de famille porté en Angleterre et en Ecosse, qui désigne celui qui est originaire de l'une des nombreuses localités ainsi appelées. Sens du toponyme : mot composé de thorn (= buisson épineux) et tun (= enclos).
Bush
Nom de famille anglais. Désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit Bush (= buisson).
Shaw
Nom de famille irlandais ou écossais correspondant au nom de personne gaélique Sithech (= loup). Autre possibilité : nom anglais désignant celui qui est originaire d'une localité ainsi appelée. Sens du toponyme : buisson, fourré.
Mouton
Le nom est très répandu dans le Nord-Pas-de-Calais. Deux possibilités : soit celui qui est doux ou frisé comme un mouton (également gardien de moutons), soit un hypocoristique du prénom Jacques (Jacquemot, Jamot > Jamouton > Mouton). Variante : Mouthon (74, 88).
Le patronyme recherché a également été trouvé dans les définitions suivantes :
Baranowski
Nom polonais : celui qui est originaire de la localité de Baranow (toponyme très fréquent en Pologne formé sur baran = mouton).
Blin
Blin est une forme contractée de Belin, nom qui désignait au moyen âge un mouton, un bélier. Le mot vient du néerlandais BEL ( = cloche). Dans le Roman de Renart, le mouton s'appelait Belin. En tant que nom de famille, c'est un sobriquet qui désigne soit tout bêtement un berger, soit un personnage violent et entêté, comme le bélier.
Carnero
Surnom espagnol donné par métonymie à un gardien de moutons (carnero = mouton, bélier), éventuellement par métaphore à celui qui est fort ou entêté comme un bélier. Forme portugaise : Carneiro.
Le Pironnec
Nom breton dont le sens ne me semble pas évident. On peut le rapprocher du breton piron (= boyau) et en faire un sobriquet désignant celui qui a un gros ventre. Mais on peut aussi le considérer comme une variantes de noms tels que Pironnet ou Pironneau, rencontrés dans le Poitou, pour lesquels le dictionnaire de M.T. Morlet pense à l'ancien français pire (= quartier de mouton ou oie).
Blanconnier
Nom porté en Loire-Atlantique et en Vendée. Sans doute un nom de métier, celui qui blanchissait les peaux de mouton. Autre solution : celui qui habite la Blanconnière (le domaine de Blancon), hameau à Beaurepaire (85).
Schaaf
Nom porté dans l'Est. Variantes : Schaaff, Schaafs, Schaf, Schaff. Correspond à l'allemand Schaf (= brebis, mouton), soit par métonymie, soit par métaphore.
Le Mao
Surtout porté dans le Finistère, ce nom breton désigne un jeune garçon, un serviteur (vieux breton mauu). Variantes : Le Maou (22), et peut-être Le Maoult (22), Le Maout (29, 56), mais ces deux derniers noms semblent plutôt évoquer le mouton.
Hemmele
Variante rare de Hemmel, diminutif du nom de personne germanique Hemmo ou variante de Hammel (= mouton).
Le Navadic
Le nom correspond au breton dañvad (= mouton, an nañvad par mutation consonantique), dont il est un diminutif. Variante : Le Davadic.
Lebazonnier
Porté autrefois dans le Calvados, correspond à l'ancien français "basenier", désignant celui qui apprêtait ou vendait de la basane (peau de mouton), également utilisé au Moyen-Âge avec le sens de marchand de "petits souliers". Le nom de famille Lebasnier (50) devrait avoir le même sens."
Boudet
Deux possibilités pour ce nom fréquent dans l'Allier : soit le diminutif de Boude (= nombril, sobriquet appliqué à une personne au gros ventre), soit le diminutif du nom de personne d'origine germanique Boude(s), qui vient de Bodo (bod = messager). Vu le suffixe utilisé, la seconde solution me paraît préférable. En effet, les dérivés de Boude = gros ventre sont plutôt du type Boudaille, Boudigue.
Suard
Nom de personne d'origine germanique, Sudhard (sud = le sud + hard = dur). On le rencontre notamment dans le Loiret, l'Indre-et-Loire et la Seine-Maritime. Variante : Suart (61, 80).
Cogneau
Nom rencontré dans le Nord et en Belgique. Plusieurs possibilités. On peut penser à celui qui manie une cognée, donc un bûcheron. Il pourrait également s'agir d'un sobriquet désignant un homme brutal (qui cogne). Enfin, M.T. Morlet signale dans son dictionnaire que le mot cogneau (variante cognel) a désigné en ancien français une sorte de gâteau. Dans ce cas, il pourrait s'agir d'un surnom donné à un pâtissier.
Cougneau
Ce patronyme se rencontre à la fois dans le Nord et en Vendée. C'est une variante de Cogneau (voir ce nom).
Pauli
Nom porté en Catalogne où il correspond au nom de baptême Paulin (latin Paulinus). En Italie ou en Corse, c'est par contre une forme de Paolo, Paoli (= Paul).
Chevrier
Gardien de chèvres. Patronyme très courant dans les Vosges et en Vendée notamment.
Le patronyme recherché a également été trouvé dans les définitions suivantes :
Geis
Nom porté dans la Moselle et en Alsace. Sans doute une variante de Geiss, qui désigne par métonymie un chevrier (Geiss = chèvre). Les formes Geiser, Geisser ont le même sens.
Degeyter
Nom flamand correspondant au métier de chevrier (néerlandais geit = chèvre).
Cabre
Nom porté dans le Pas-de-Calais, également présent dans le Var. Il signifie 'chèvre', surnom aux multiples possibilités (celui qui a une barbe de chèvre, ou encore un homme têtu, fantasque, éventuellement un chevrier).
Geiter
Rare et porté notamment dans le département du Nord, devrait désigner un chevrier (néerlandais "geit" = chèvre)."
Lhuillier
Très courant en Lorraine (54, 88), le nom désigne celui qui vend de l'huile.
Leroy, Le Roy
Signifie bien sûr le roi. Pour l'interprétation, voir Rey.
Deconinck
Fréquent dans le nord de la France et en Belgique, le nom est formé sur le néerlandais koning (= roi). C'est l'équivalent du français Leroy (voir Rey pour l'explication). Variantes : Deconinque, Deconninck, Deconynck, Decooninck, De Coninck, De Coningh, De Conninck, et sans doute Decominck.
Koenig
Très répandu en Alsace et en Moselle, le nom signifie en allemand "roi" (König). C'est l'équivalent du français Leroy. Pour le sens, voir Rey. Variante : Konig (König)."
Le Ray
Nom fréquent dans le Morbihan. Aucune certitude. Peut-être une variante de Leroy (voir Rey), mais plutôt un toponyme désignant une source jaillissante (en ancien français rai = jet, filet d'eau).
King
En anglais, désigne un roi. C'est un surnom qui peut être interprété de diverses manières, le plus souvent sous forme d'un sobriquet moqueur (équivalents français : Roy, Leroy).
Imperatrice
Nom italien originaire de la région napolitaine, où l'on trouve aussi la forme masculine Imperatore (également Imperatori dans le Lazio). Signifiant bien sûr "impératrice" et "empereur", ces noms de famille semblent avoir été des sobriquets, à rapprocher de formes françaises telles que Roy ou Leroy, ou encore de l'allemand Kaiser."
Leroy-Beaulieu
Patronyme composé de Leroy (sobriquet = le roi) et de Beaulieu, toponyme très fréquent en France (= le beau lieu). Les plus anciennes mentions connues situent le nom dans le Calvados (Livarot, 1759).
Duroy
Le nom est surtout porté dans la Mayenne et dans l'Orne. Variante : Duroi. Il désigne le fils de celui qui s'appelle Roy ou Leroy (voir Rey pour l'interprétation), ou encore celui qui habite un lieu dépendant du roi (et non d'un seigneur particulier).
Chantereault
Porté notamment dans le Cher et dans l'Yonne, le nom est plus fréquent sous la forme Chantereau (18, 87, 41). Autres variantes : Chanteraud (87), Chanterault (71, 89), Chanteraux (51), Chantereaux (02, 51, 78). Tout comme Chanterel et Chanterelle (60, 76, 51), c'est un diminutif de chanteur (celui qui aime chanter ou un chantre d'église).
Prevost, Prévost, Prévot ou Prévôt
Nom de fonction. Le prévôt (latin praepositus = préposé) était au moyen âge un officier de justice (sens le plus fréquent), ou encore un dignitaire ecclésiastique.
Prost
Forme contractée de Provost. Voir Prévost.
Proust
Surtout fréquent dans l'Ouest, c'est une forme contractée de Provost, Prévost (voir Prévost).
Prouteau
Nom rencontré en Vendée et en Poitou-Charentes. C'est un diminutif de Proust, forme contractée de Provost (voir Prévost).
Provost
Sens identique à celui de Prévost, dont le nom est une déformation.
Pruvost
Variante de Prévost (voir ce nom) courante dans le Pas-de-Calais. Autres formes : Pruvo, Pruvoost, Pruvot, Pruvots.
Probst
Porté en Alsace-Lorraine, c'est une forme germanique (allemand Propst) correspondant à la fonction de prévôt (voir Prevost). Variantes : Probste, Propst.
Privault
Diminutif probable de Privé (voir ce nom), le patronyme est surtout porté dans l'Yonne. Autre possibilité : variante de Prévost (voir ce nom). Variantes ou formes voisines : Privot, Privolt (89, 21).
Thibault
Nom de personne d'origine germanique, Theodbald (theod = peuple + bald = audacieux), très fréquent en France, surtout porté dans la Vienne et dans l'Indre. Variantes : Thibau (33), Thibaud (85, 44, 16), Thibaut (59, 80, 60).
Diebold, Diebolt
Fréquent en Alsace-Lorraine, c'est la forme germanique correspondant au prénom Thibault (voir ce nom).
Thébault
Autre forme de Thibault (voir ce nom) portée dans l'Ouest (37, 50, 79). Variantes : Thébaud (44, 85), Thébaut (56), Thébaux (56, 59), Thébeau (24, 49), Thébeaud (85), Thébeault (86), Thébeaut. Variante sans h : Tébault (72, 22).
Thepaut, Thépaut
Nom fréquent en Bretagne (29), où l'on trouve aussi les variantes Thépault, Thépot. C'est une forme bretonne de Thibault (voir ce nom).
Thibaudat
L'un des nombreux hypocoristiques formés sur le nom de baptême Thibault (voir ce nom). C'est dans la Nièvre que le patronyme est le plus répandu. Autres diminutifs : Thibaudau, Thibaudault, Thibaudeault (79), Thibaudeau (85, 79), Thibaudet, Thibaudin (Bourgogne), Thibaudon (38), Thibaudot (89, 77).
Thibodeaux
Diminutif de Thibault (voir ce nom) porté dans l'Ouest, tout comme la variante Thibodeau (56). Autre forme, vers l'Est : Thibodaux (51, 55, 58).
Thibout
Autre forme de Thibault (voir ce nom) très répandue dans l'Eure. Variantes : Thibou, Thiboud, Thiboult, Thiboust, Thiboux (également Thibouw dans le Nord).
Tibaut
Voir Thibault pour le sens. Le nom est surtout porté dans les Pyrénées-Orientales, les Alpes-Maritimes et l'Indre. Variantes : Tibau (66), Tibaud (06, 85), Tibault (79, 23, 54), Tibaux (59, 62, 51), Tibbaut (59), Tibeau (82, 59). Formes italiennes : Tibaldo, Tibaldi. Diminutif : Tibaudeau (85).
Thibeau
Variante de Thibault (voir ce nom) portée de la Vendée au Bordelais. Autres formes : Thibeaud (33, 16, 85), Thibeault (72, 79), Thibeaut (49, 59), Thibeaux (08, 71). Diminutifs : Thibeaudau, Thibeaudeau.

Commentaires